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De Gaulle : L’avenir se construit aujourd’hui

Illustration de l'article : De Gaulle : L'avenir se construit aujourd'hui
Illustration de l'article : De Gaulle : L'avenir se construit aujourd'hui

Tout le monde connaît le nom du général de Gaulle et son célèbre appel du 18 juin 1940. Chacun sait
qu’au moment où la France semblait vaincue, il fut celui qui refusa la fatalité et appela ses
compatriotes à poursuivre le combat.

Mais si l’on demande aujourd’hui quel fut son rôle lors de son retour à la tête du gouvernement en
1958, la plupart répondront sans doute : la Constitution de 1958 et la fondation de la Ve République.

Cette réponse est juste, mais elle est incomplète.

En effet, le général de Gaulle a certainement donné à la France l’organisation institutionnelle la plus
stable qu’elle ait connue depuis longtemps. Il faut se souvenir qu’entre 1946 et 1958, sous la IVe
République, vingt-quatre gouvernements se sont succédés en douze ans. Cette instabilité politique
rendait difficile toute politique de long terme. En rétablissant un exécutif fort, tout en préservant les
libertés démocratiques, de Gaulle a permis à l’État de retrouver sa continuité et son efficacité.

Mais son œuvre ne s’arrête pas là.

Le général de Gaulle a également voulu préparer la France aux grands défis scientifiques,
technologiques et industriels du XXe siècle. Il avait compris qu’à l’avenir, la puissance des nations
dépendrait autant de leur maîtrise des sciences et des technologies que de leur force militaire ou
économique.

C’est pourquoi il fit de deux domaines des priorités nationales : l’atome et l’espace.

Sous son impulsion, la France se dota de l’arme nucléaire, affirmant ainsi son indépendance
stratégique et sa capacité à décider seule de son destin. Mais l’atome ne fut pas seulement militaire
: il permit aussi le développement d’une industrie nucléaire civile qui demeure aujourd’hui l’une des
plus performantes au monde.

Dans le domaine spatial, la France fit également des choix décisifs. Les programmes lancés dans les
années 1960 contribuèrent à faire émerger une industrie spatiale de premier ordre, qui conduira
plus tard à la création du programme Ariane et placera durablement la France parmi les grandes
puissances spatiales.

De Gaulle encouragea aussi le développement de l’informatique et de l’industrie électronique, afin
que la France ne soit pas dépendante des grandes puissances étrangères. Des entreprises comme
Bull, C2I et de nombreux organismes de recherche furent soutenus dans cette ambition. Son objectif
était clair : faire de la science et de la technologie des instruments de souveraineté.

Cette politique s’accompagna d’un effort considérable en faveur de la recherche et de l’innovation.
À la fin des années 1960, le Sénateur Pierre Laffitte lança le projet de Sophia Antipolis, près de Nice,
fondé sur une idée alors novatrice : associer universités, centres de recherche et entreprises
innovantes sur un même territoire. Ce modèle de technopole, aujourd’hui encore parmi les plus
performants d’Europe, a inspiré de nombreuses initiatives en France et à l’étranger.

Ainsi, le général de Gaulle n’a pas seulement réorganisé les institutions françaises. Il a aussi préparé
l’avenir, en donnant à la France les moyens de son indépendance politique, de sa puissance
économique et de son rayonnement scientifique.

Et si nous Guadeloupéens, vivant en Guadeloupe, tirions aujourd’hui une leçon de cette vision de
l’avenir ?

La Guadeloupe semble parfois s’enliser dans un modèle économique largement tourné vers le
commerce et les services, alors même qu’elle dispose d’atouts considérables : des infrastructures de
communication parmi les plus performantes, un accès généralisé à Internet, des espaces fonciers
encore sous-exploités, notamment dans le nord de la Grande-Terre, ainsi qu’une université capable
de former des chercheurs, des ingénieurs et des entrepreneurs.

À l’heure où l’intelligence artificielle, les technologies numériques, les biotechnologies et les
industries de la connaissance redessinent l’économie mondiale, la Guadeloupe ne pourrait-elle pas,
elle aussi, faire le choix de l’innovation ?

Ne pourrait-elle pas imaginer un pôle d’excellence associant université, recherche et entreprises
innovantes, une sorte de « Sophia Antipolis antillaise », adaptée à ses réalités et tournée vers ses
propres domaines d’excellence : l’intelligence artificielle, la santé tropicale, les énergies
renouvelables, l’agriculture de précision, les technologies marines ou encore l’économie du climat ?

L’histoire nous enseigne que le développement n’est jamais seulement affaire de ressources ; il est
avant tout affaire de vision. En 1958, le général de Gaulle a voulu préparer la France au monde de
demain. Soixante-huit ans plus tard, la question est posée : la Guadeloupe saura-t-elle, à son tour,
imaginer et construire son avenir ?

Car, au fond, le plus bel hommage que l’on puisse rendre au général de Gaulle n’est pas seulement
de célébrer sa mémoire. C’est surtout de partager sa conviction que rien n’est impossible à un peuple
qui croit en lui-même, qui investit dans la connaissance et qui ose préparer l’avenir.

Amédée ADELAIDE
Président de l’Association
Cohésion Sociale et Libertés Républicaine
Le 18 juin 2026
80éme anniversaire de la Loi du 19 mars 1946
Dont le Général De Gaulle a été l’un des initiateurs
En sa qualité de président du GPRF.
Gouvernement provisoire de la République française