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Le Conseil Général brule-t-il ? « Les élus eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils veulent »

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Évolution institutionnelle en Guadeloupe : « Les élus eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils veulent », tacle Amédée Adélaïde

Invité de l’émission « La Vérité c’est quoi », le président de l’association Cohésion Sociale et Libertés Républicaines livre une analyse au vitriol du projet de réforme institutionnelle. Entre défaillances du quotidien, risque de hausse des impôts locaux et souvenir du non de 2003, il appelle le Guadeloupéens à placer les élus face à leurs responsabilités.

Alors que les discussions s’intensifient autour de l’avenir statutaire de la Guadeloupe, les voix s’intensifient autour de l’avenir statutaire de la Guadeloupe, les voix discordantes commencent à se faire entendre avec force. Invité sur le plateau de l’émission « La vérité c’est quoi », Amédée Adélaïde, président de l’association Cohésion Sociale et Libertés Républicaines, n’a pas maché ses mots à l’encontre de la classe politique locale. Pour lui, le débat actuel est déconnecté des réalités  et des urgences des administrés.

L’urgence du quotidien face aux « ambitions » des élus

Pour Amédée Adélaïde, le constat est sans appel : les priorités de la population ne se trouvent pas dans les organigrammes administratifs, « le quotidien du citoyen, c’est l’eau, ce sont les routes qui sont défoncées, ce sont les plages qui bientôt seront inaccessibles, ce sont les sargasses », rappelle-t-il avec insistance.

« Moins d’économies, plus d’impôts »

Face aux arguments historiques prônant une réduction des coûts par la fusion des assemblées (Départements et Région), Amédée Adélaïde se montre très sceptique et met en garde contre les dérives budgétaires chroniques. Il cite notamment le cas de Pointe-à-Pitre : « Une collectivité comme la ville de Pointe-à-Pitre,  avec un budget de fonctionnement de 24 millions d’euros, a pu se retrouver avec près de 80 millions de déficit. »

Selon lui, tout transfert de compétences non maitrisé se traduira inévitablement par une pression fiscale accrue sur les ménages. « Donner-le nous (les compétences), ça veut dire à terme que ce sont les contribuables guadeloupéens qui vont payer. Tout ce que vous c’est que les guadeloupéens payent plus d’impôts. Moi, je ne crois pas que se soit la solution. »

Plutôt que de modifier la constitution, l’invité prône une politique de fermeté face à l’Etat régalien, notamment sur des dossiers majeurs comme la gestion de la crise des sargasses ou l’entretien des routes nationales : « Quand l’Etat doit assumer quelque chose, exigez qu’il le fasse. C’est la bonne politique. »

En guise de conclusion, Amédée Adélaïde en appelle à une prise de responsabilité citoyenne et générationnelle : « Nous avons maintenant des élus, il faut les juger. S’ils ne sont pas bons, il faut le remplacer. Et puis je trouve que nous avons des jeunes qui feraient bien à la tête de ces collectivités. »

 

tout en exprimant ses réserves quant à la méthode et au calendrier retenus.

Propos recueillis par [Nom du journaliste peu lisible]

Vous venez de participer à la réunion organisée par le comité des élus sur l’évolution institutionnelle de la Guadeloupe. Qu’en retenez-vous ?

D’abord, je trouve que le débat est engagé dans de mauvaises conditions. On demande à la population de se prononcer sur une évolution institutionnelle alors que les élus eux-mêmes ne semblent pas savoir précisément ce qu’ils souhaitent.

On parle d’autonomie, de changement de statut, d’évolution des compétences… mais aucun projet clair n’a été présenté aux Guadeloupéens. Il est donc difficile de demander à la population d’adhérer à une réforme dont les contours restent flous.

À mes yeux, la priorité devrait être de définir un projet politique, économique et social avant même d’aborder la question du statut.