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Collectivité unique : la CTM emploie plus d’agents que la Guadeloupe

Hémicycle de la Collectivité territoriale de Martinique

La création d’une collectivité unique est régulièrement présentée comme un moyen de supprimer les doublons administratifs et de faire des économies. La Martinique a franchi ce pas en 2016 en fusionnant son Conseil régional et son Conseil général au sein de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Dix ans plus tard, un article publié par Antilla Martinique compare les effectifs de la CTM à ceux de la Région et du Département de Guadeloupe, restés séparés. Le résultat va à l’encontre de ce qui était attendu.

Ce que disent les chiffres avancés

L’article s’appuie sur les ordres de grandeur suivants :

  • environ 4 500 agents à la CTM ;
  • environ 3 600 à 3 700 agents pour la Région et le Département de Guadeloupe réunis ;
  • soit 800 à 900 agents de plus en Martinique, alors que sa population est inférieure à celle de la Guadeloupe.

Rapporté au nombre d’habitants, l’écart se creuse encore : environ 12,5 agents pour 1 000 habitants en Martinique, contre environ 9,5 pour 1 000 en Guadeloupe. Soit, selon l’auteur, de 30 % à 35 % d’agents de plus par habitant.

Collectivité unique : un résultat contraire à l’objectif affiché

L’enchaînement attendu d’une fusion était simple : une seule assemblée, une seule administration, donc des services mutualisés, des économies d’échelle et, à terme, moins de postes. Les données citées décrivent l’inverse : une administration unique, mais un effectif supérieur à celui de deux collectivités comparables restées distinctes.

L’auteur, Yan Monplaisir, en tire une conclusion mesurée : sur le seul critère des effectifs, la réforme de la collectivité unique n’a manifestement pas produit l’économie d’échelle que l’on pouvait en attendre.

Pourquoi ce constat nous concerne en Guadeloupe

La question institutionnelle revient périodiquement dans le débat public guadeloupéen. Chaque fois, l’argument de la simplification et des économies est mis en avant. L’exemple martiniquais offre le seul point de comparaison réel dont nous disposons dans la Caraïbe française : une réforme identique, engagée il y a dix ans, sur un territoire aux caractéristiques proches.

Il ne s’agit pas d’en conclure qu’une évolution institutionnelle serait par nature inutile ou nuisible. Il s’agit de rappeler qu’une réforme de structure ne produit pas mécaniquement les effets qu’on lui prête. Les économies annoncées doivent être documentées, chiffrées et vérifiables avant le vote, pas espérées après. C’est la condition d’un débat honnête avec les Guadeloupéens.

Les réserves à garder en tête

Nous relayons ce travail parce qu’il alimente utilement la réflexion, en signalant ses limites :

  • les effectifs cités sont des ordres de grandeur, présentés comme tels par l’auteur ;
  • les périmètres de compétences des deux territoires ne se recouvrent pas exactement, ce qui pèse sur la comparaison ;
  • l’auteur le dit lui-même : le constat mérite d’être complété par une analyse des rémunérations, des catégories de personnel et des compétences réellement exercées.

Le chiffre brut ne suffit donc pas à clore le débat. Il suffit en revanche à poser une question légitime, et à exiger des réponses documentées.

Lire l’article source


Hémicycle de la Collectivité territoriale de Martinique
Antilla Martinique

CTM Martinique : évolution des effectifs après la création de la collectivité unique

Par Yan Monplaisir · publié le 5 septembre 2026

« La CTM compte ainsi environ un tiers de personnel de plus par habitant que les deux collectivités guadeloupéennes réunies. »

Lire l’article sur Antilla ›

Cet article renvoie vers une publication tierce. Les chiffres et les analyses qu’elle contient engagent son auteur et le journal qui la publie. Vous pouvez réagir en commentaire sous cet article.

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