Dans cette vidéo, le président du Conseil départemental, Guy LOSBAR, met en avant le développement d’une coopération avec le Sénégal.
Personne ne conteste l’importance des liens historiques, culturels et humains qui unissent la Guadeloupe et l’Afrique. Ces relations méritent d’être entretenues et développées.
Mais une question essentielle se pose : est-ce la priorité du Conseil départemental ?
En Guadeloupe, des milliers de familles subissent encore des coupures d’eau récurrentes. De nombreuses routes départementales sont dans un état préoccupant. Des plages sont régulièrement touchées par les sargasses et diverses pollutions. Les collèges, le CHU, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, l’action sociale et l’entretien du patrimoine départemental attendent des réponses concrètes.
Dans ce contexte, beaucoup de Guadeloupéens peuvent légitimement s’interroger sur l’utilisation des moyens financiers et humains du Département.
Par ailleurs, la coopération internationale relève principalement des compétences de la Région, même si les collectivités peuvent, dans certaines conditions prévues par la loi, conduire des actions de coopération décentralisée.
Les citoyens sont donc en droit de demander :
Quel est le coût de ces déplacements et de ces missions ?
Quels bénéfices concrets en retireront les Guadeloupéens ?
En quoi ces actions répondent-elles aux urgences quotidiennes de notre territoire ?
La Guadeloupe a besoin d’élus pleinement mobilisés sur les compétences qui leur sont confiées et sur les difficultés que vivent chaque jour les habitants.
Le débat n’est pas les relations avec le Sénégal,
Le débat, ce sont les priorités quotidiennes des Guadeloupéens.
Quand seront-elles satisfaites ?
Avant de regarder ailleurs, commençons par répondre aux besoins des Guadeloupéens.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
1 commentaire
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J’ai pris le temps de regarder attentivement cette vidéo, assez longue à mes yeux et pour tout dire un peu soporifique.
Mais clairement je me suis interrogé sur les vraies priorités pour la Guadeloupe et une chose est sûre, cette interview ne va pas améliorer le regard que nos concitoyens, nos compatriotes guadeloupéens portent sur le personnel politique.
Qui peut comprendre en effet que pendant que des milliers de foyers guadeloupéens continuent de subir des coupures d’eau intolérables, que nos routes se détériorent, que les sargasses empoisonnent nos côtes et que nos seniors ainsi que nos personnes en situation de handicap manquent à ce point d’accompagnement, la présidence du Conseil départemental choisisse de concentrer ses efforts et ses moyens sur une mission au Sénégal ? J’observe sans esprit de polémique que Dominique Larifla avait jugé en son temps opportun, allez comprendre pourquoi, d’envoyer 50 000 Frs à la Roumanie après la chute de Nicolae Ceausescu en décembre 1989 alors que la Guadeloupe portait encore les stigmates de l’ouragan Hugo.
Entendons-nous, personne, pas plus moi qu’un autre, ne remet en cause l’histoire et les liens fraternels qui nous unissent à l’Afrique. J’aime l’Afrique et j’en ai visité plusieurs pays.
Mais une question fondamentale de bon sens et de rigueur publique s’impose : est-ce vraiment la priorité des guadeloupéens aujourd’hui ? Il est vraiment temps de s’interroger sérieusement sur ce type d’initiatives dont le président du département semble avoir pris l’habitude ces derniers temps.
Alors oui, il faut une totale transparence :
1 – Quel est le coût exact pour le contribuable guadeloupéen de ces déplacements et de cette mission ?
2 – Quels bénéfices directs et mesurables les guadeloupéens en retireront-ils dans leur quotidien ? Et je ne parle pas ici des retombées attendues pour leurs auteurs d’une opération de communication.
3 – En quoi ces initiatives relèvent-elles des urgences absolues du Département, alors même que la coopération internationale est une compétence partagée et principalement régionale ?
Soyons sérieux un instant, l’exercice du mandat public exige le sens des réalités et le respect des deniers publics. Les guadeloupéens n’attendent pas de la diplomatie parallèle ou des effets d’annonce à l’international : ils exigent des solutions concrètes à leurs souffrances quotidiennes.
Avant de chercher à rayonner ailleurs, le Département doit d’abord assumer ses compétences et répondre aux besoins vitaux de sa population. Nous ne pouvons pas continuer à vivre sur un territoire européen dont nombre des routes départementales sont dignes du tiers monde.
Nous devons avoir un véritable débat sur les priorités de nos collectivités.