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Vidéo : « l’indignation sélective » en débat en Guadeloupe

Extrait de l'intervention vidéo relayée par CSLR

Une intervention diffusée le 5 septembre 2026 sur les réseaux sociaux circule largement en Guadeloupe. Son auteur y défend une idée simple et inconfortable : avant de qualifier un vote ou une opinion, il faut chercher à comprendre le raisonnement de ceux qui l’expriment. Il y dénonce ce qu’il appelle une indignation sélective. Nous relayons cette prise de parole parce qu’elle touche à des sujets que l’association suit de près : le respect du citoyen dans le débat public, l’usage de l’argent public et la sécurité dans les quartiers populaires.

Les points soulevés dans l’intervention

L’auteur y développe successivement plusieurs arguments :

  • Le respect du bon sens populaire. Si un référendum sur une évolution institutionnelle ou statutaire était organisé et que les Guadeloupéens répondaient qu’ils souhaitent rester un département, les traiter de réactionnaires serait, selon lui, une facilité qui évite de comprendre le raisonnement des gens.
  • La qualification du vote. Il refuse que le vote exprimé au second tour de la présidentielle soit expliqué par un seul argument moral, et estime qu’on ne peut pas y répondre uniquement par le rappel de l’histoire.
  • L’argent public. Il rappelle que ce second tour s’est déroulé sur fond de scandale politico-financier local, avec un déficit qu’il chiffre à plus de 80 millions d’euros, et met ce montant en regard des 400 euros mensuels d’un allocataire du RSA. Sa question : où sont ceux qui s’indignent, quand l’argent public est dilapidé ?
  • La réalité de la pauvreté. Il conteste l’idée d’une Guadeloupe prospère qu’on déduirait des voitures et des signes extérieurs de réussite, et invite à regarder les indicateurs et la situation des familles dans les quartiers populaires.
  • Les violences armées. Il s’étonne que les jeunes qui s’entretuent par arme à feu, semaine après semaine, ne suscitent pas la même indignation publique.

Indignation sélective : le débat que cela ouvre

Sur le fond, deux exigences se rejoignent ici, et ce sont deux exigences que l’association porte depuis sa création.

La première : on ne convainc pas un citoyen en disqualifiant son vote. Un débat statutaire honnête suppose d’exposer les faits, les coûts et les conséquences, puis d’accepter la réponse. Traiter par le mépris ceux qui répondent autrement qu’attendu ne fait pas avancer une idée, cela la décrédibilise.

La seconde : l’exigence sur l’argent public ne se divise pas. Elle vaut pour toutes les collectivités, tous les établissements publics et tous les opérateurs, quelle que soit l’appartenance politique de leurs dirigeants. C’est la même logique que celle que nous rappelions à propos de la responsabilité dans le fonctionnement des services publics : le citoyen ne doit pas être la victime de la dilution des responsabilités.

Reste une réserve, et elle est de méthode : l’intervention est un propos oral, tenu dans un cadre de débat. Les chiffres qu’elle cite méritent d’être vérifiés à leur source avant d’être repris comme des données établies.

Regarder la vidéo

Vidéo publiée par le compte @mlapilus (otentik) le 5 septembre 2026. Les propos tenus n’engagent que leur auteur et ne constituent pas une position de l’association. Cet article est mis en ligne pour ouvrir le débat : vous pouvez réagir en commentaire.

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